Le vent se lève en Espagne

Il aura fallu attendre trois jours, trois jours entiers pour que le monde daigne regarder du côté de la péninsule ibérique. Trois jours que quelquechose a commencé. Quelque chose d’inédit, l’on pourrait dire, inédit, car jamais connu auparavant. En tout cas de cette forme.

Hier soir, alors qu’un nouvel appel à se rassembler circulait sur les réseaux sociaux, pour un rendez-vous à 20h sur la Puerta del Sol, le gouvernement local de Madrid a décidé d’interdire toute manifestation, car pouvant porter atteinte à l’organisation des élections de dimanche prochain. Pourtant, c’est au nombre de 7000 que les madrilènes se sont retrouvés au long de la soirée sur la place centrale de la capitale espagnole.

A partir de minuit, une Assemblée Générale improvisée sur place a débouché à la mise en place de commissions de travail, et des appels à continuer les rassemblements dès ce jeudi. Pendant la nuit, de grandes baches ont été installées, car la pluie a fait son apparition sur Madrid. A Valladolid, Grenade, Salamanque ou encore Barcelone, le même type de rencontres a eu lieu hier, regroupant toujours plus de jeunes, précaires et travailleurs.

Sur la Puerta del Sol, quelques 1500 personnes sont restées toute la nuit sur place, la police renonçant finalement à les évacuer vers 1h du matin.

Les campements spontanés vont se multiplier ce jeudi, avec une quarantaine de rendez-vous fixés dans les principales villes espagnoles (voir la liste des rassemblements). A Madrid, le déroulé des événements est suivi en direct par des milliers d’internautes via les plateformes de partage d’informations et les réseaux sociaux. Une chaîne est même depuis la nuit dernière ouverte pour observer instantanément ce qui se déroule sur la Puerta del Sol (http://soltv.tv/). Symbole de ce mouvement (lire le billet précédent), la place madrilène a des airs de place Tahrir ce jeudi matin, du moins dans la tête des participants aux réunions spontanées.

A l’étranger, de premiers rassemblements de soutien se sont déroulés devant les ambassades espagnoles ce mercredi soir à Bruxelles, Berlin, Londres et Rome. Ce jeudi, des rendez-vous sont donnés à Paris ou encore Buenos Aires. A 20h, dans la capitale française, un appel à se rassembler à été lancé via les réseaux sociaux (voir le rendez-vous sur facebook).

Nul ne sait sur quoi débouchera ce que l’on peut appeler désormais le printemps espagnol, mais sur place, beaucoup ont conscience que ce qu’ils vivent peut être quelquechose de grand, si les mots d’ordre de rassemblements pacifistes se poursuivent, et ouvrent la voie à de véritables refontes du système politique et économique ibérique.

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