A la rencontre de la révolution tunisienne

Cet article inaugure une série de sujets réalisés suite à un voyage en Tunisie. Journaliste et blogueur, je souhaitais comprendre un peu mieux la situation sur place. Cela six mois après la révolution du 14 janvier, et alors que se profilent des éléctions pour mettre en place une assemblée constituante, chargée de créer un nouveau projet de société pour le pays et ses habitants.

C’est sur une place de la Kasbah bouclée, lieu symbolique de la révolution du jasmin de Tunisie, que quelques centaines de jeunes tentent de raviver la flamme des plus grandes manifestations de janvier, celles qui débouchèrent sur la chute du régime de Ben Ali. Alors que le processus démocratique se met doucement en place, avec en lumière l’élection de l’Assemblée Constituante du 23 octobre, le scepticisme reste ambiant. La police se voit ainsi toujours critiquée, pour sa violence par moment. Et de nombreuses rumeurs dans la population font état d’une présence persistante de membres du RCD dans les structures gouvernementales.

Il y a une impression que les choses n’avancent pas, du moins pas suffisamment vite ici. Si personne ne semble regretter le départ de Ben Ali, les attentes sont grandes chez les Tunisiens. Et pour le moment, les perspectives qui se dessinent restent floues. Pourtant, dans les milieux militants, chez une partie de cette jeunesse qui s’est mobilisée, on veut y croire. Il y a une réelle volonté de vivre mieux, et de participer à l’élaboration de cette nouvelle société.

C’est ce que je ressors d’un entretien passionnant qui s’est improvisé dans la ville de La Marsa, au nord de Tunis. Ce dimanche matin, Alain Gresh, le directeur des Nouvelles d’Orient et journaliste au Monde Diplomatique tient une conférence sur les révolutions du monde arabe de ce printemps 2011. Très bon connaisseur de la question égyptienne, où il a beaucoup travaillé, il décrit dans un article publié sur son site, les suites du réveil arabe.

Une discussion improvisée commence, devant le théâtre où se tient cette réunion. Trois jeunes gens de ma génération, l’un jeune diplômé, le second chômeur et l’un étudiant, proposent de prendre le temps de parler autour d’un café… qui durera finalement deux heures. Au départ simple échange informel, cette rencontre s’est révélée extrêmement riche et intéressante. Une manière de saisir cette façon de vivre si singulière de toute une jeunesse tunisienne. Connectée au monde, éduquée et diplômée, elle n’en demeure pas moins soucieuse de sa spécificité culturelle. La France est son modèle. Du moins, la France des valeurs démocratiques et son système social reconnu.

Je publie un dossier sur la question, intitulé « De Sidi Bouzid à Massy, où va la révolution Tunisienne? » dans la revue de rentrée du web-journal Essonne Info.

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